On sait peu de choses sur les besoins en santé mentale et en bien-être des nouveaux pères.

Une étude, conduite au Royaume Uni, publiée en septembre 2019 dans le British Medical Journal (BMJ) et fondée une méthodologie qualitative rigoureuse, a permis de recueillir et d’analyser des données approfondies sur ces besoins et les expériences des nouveaux pères durant leur transition vers la paternité.

Des entretiens semi-structurés ont été menés chez 21 nouveaux pères de profils variés, habitant ou non avec leur partenaire et leur bébé et ayant des enfants de moins de 12 mois. Dix de ces hommes étaient d’origine indienne, sept d’origine britannique blanche, un d’origine espagnol, un d’origine noire africaine, un d’origine noire des Caraïbes et un d’origine pakistanaise. L’âge des participants variait de 20 à plus de 60 ans et leur revenu annuel se situait entre 15 000 £ et plus de 61 000 £.

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Bien que cette étude ne soit pas représentative (les auteurs notent notamment que les pères de moins de 20 ans, les pères au chômage et ceux de faible niveau socio-économiques étaient sous-représentés dans l’échantillon de l’étude), les résultats ont mis en lumière des questions qui peuvent être pertinentes pour les pères qui vont l’être pour la première fois. Cette l’étude a visée exploratoire qui contribue aux données actuelles, a permis de mieux connaître les besoins perçus par des nouveaux pères et la façon dont ils aimeraient être soutenus pendant la période périnatale.

Cet article donne l’occasion de rappeler les recommandations publiées en 2011 par le « Royal College of Midwives » (College des sages-femmes du Royaume-Uni), sur la participation des pères aux soins de maternité :  » Reaching out: Involving Fathers in Maternity Care » (Tendre la main: Impliquer les pères dans les soins de maternité).

Ces recommandations ont été émises avec l’initiative conjointe de l’institut de la paternité ‘The Fatherhood Institute’, du ministère de la Santé du gouvernement britannique et du  « Royal College of Obstetricians and Gynaecologists du Royaume-Uni  » (le College des gynécologues et obstétriciens du RU). Elles s’appuient sur la politique antérieure du gouvernement britannique, qui précisait que l’engagement des services de maternité auprès des pères est important en raison des avantages à long terme pour la santé et le bien-être des enfants : « L’implication des futurs et nouveaux pères dans la vie d’un enfant est extrêmement importante pour maximiser le bien-être et les résultats de l’enfant tout au long de sa vie (que le père vive ou non avec la mère). La grossesse et l’accouchement sont les premières occasions importantes de faire participer les pères aux soins et à l’éducation appropriés des enfants. » (National Service Framework, 2004).

Les recommandations font référence à des données probantes (c’est à dire des données basées sur des preuves scientifiques) sur les avantages à faire participer le  père

  • pour la santé maternelle,
  • pour que l’accouchement soit une expérience positive,
  • pour les relations familiales
  • pour l’allaitement au sein.

Elles identifient les principaux obstacles :

  • le manque de sensibilisation des professionnels de la santé aux données probantes
  • le fait que l’ensemble du système de santé rend difficile l’implication des pères.

Selon Mary Steen, cofondatrice de « Family Included« , les pères perçoivent leur place dans les soins de maternité comme étant  » not-patient  » et  » not-visitor » dans un environnement flou, et pour conséquence, beaucoup d’entre eux se sentent mal à l’aise et exclus et éprouvent un sentiment de crainte ». (Steen et al, 2011).

Les recommandations proposent un certain nombre de stratégies :

  • l’information pour les pères
  •  » ils ont besoin de savoir exactement ce qu’ils doivent faire pour bien faire les choses « .
  • reconnaître un père en tant qu’individu
  • être accueillant, connaître son nom
  • l’évolution des attitudes des professionnels
  • soutenir activement la transition vers la paternité.

Elles énumèrent des conseils pratiques que les professionnels peuvent suivre pendant la grossesse, à la naissance et après la naissance. Des exemples de bonnes pratiques sont présentés, ainsi que des liens vers des ressources utiles.

Family Included prévoit d’élaborer des lignes directrices pour les soins familiaux inclusifs à l’échelle mondiale. Elles seront différentes des lignes directrices du Royaume-Uni à plusieurs égards :

  • Beaucoup de nouvelles preuves existent maintenant et il est possible de présenter des arguments plus solides et plus précis.
  • L’accent sera mis sur « l’inclusion de la famille » plutôt que sur les pères, mais avec une analyse attentive de la manière dont les croyances sexospécifiques affectent le comportement des professionnels et des membres de la famille.
  • Les stratégies et les conseils seront universellement applicables dans les pays à revenu intermédiaire et à faible revenu.

Les lignes directrices seront reliées à un site Web afin que les études de cas et les ressources puissent être continuellement mises à jour.

  L’article en accès gratuit (en anglais) : Ici  A qualitative exploratory study of  UK first-time fathers’ experiences, mental health and well being needs during their transition to fatherhood. “) ,

Les recommandations  Fathers Guide (en anglais)

« Family Included » ICI

 

Le 21 septembre 2019, Commission communication CNEMa

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